Année du cochon – Performances sur le marché secondaire des millésimes placés sous le signe du cochon

By February 1, 2019Francais

Cette année, le Nouvel An chinois aura lieu le mardi 5 février et, selon les signes du zodiaque chinois qui se répètent en cycle tous les 12 ans, l’animal correspondant à 2019 est le cochon. Pour les festivités à venir, nous avons sélectionné dix vins fins qui avaient été placés sous le signe du cochon par le passé, soit en 1947, 1959, 1971, 1983, 1995 et 2007. L’article d’aujourd’hui s’intéresse à leurs performances sur le marché secondaire et analyse l’évolution de leur prix.

De grandes choses peuvent se produire en période de tourmente. C’est du moins le cas pour quelques vins, en particulier pour certains Rives droites du millésime 1947, sortis juste après la Seconde Guerre mondiale. En 1997, Robert Parker décrivait le Pétrus 1947 comme « le vin le plus décadent du siècle ». Le critique a par ailleurs confirmé 4 fois attribuer la note de 100 points à ce vin. Ce représentant de Pomerol a été vendu pour la dernière fois en 2016, une seule bouteille ayant alors été acquise pour 9 500 £.

Un autre Saint-Émilion 1947 s’est aussi vu couvert de louanges, le Cheval Blanc, notamment qualifié par Robert Parker d’« étonnant », de « vin mammouth ». Son prix, comme pour toutes bouteilles d’un âge avancé, dépend des conditions de conservation. Sur notre marché, il est proposé au prix de 5 400 £ la bouteille.

1959 — une année de bouleversement politique et artistique — fut sans aucun doute très significative pour le château Lafite Rothschild. Plusieurs critiques ont d’ailleurs évalué le Lafite 1959, Jancis Robinson lui attribuant une note presque parfaite de 19,5 points sur 20, tout comme Robert Parker avec 99 points. R. Parker a, en outre, déclaré que c’était « sans aucun doute le plus grand Lafite Rothschild en termes de maturation potentielle ». Lorsqu’il le dégustait en 1994, il écrivait en effet qu’il « pouvait vieillir au moins 30 ans de plus ». Le Lafite 1959 s’est négocié pour la dernière fois aux enchères à New York au prix de 25 000 £ les 12 bouteilles de 75 cL. Toutefois, pour ceux qui souhaitent absolument mettre la main sur ce vin placé sous le signe du cochon de terre, notons que le prix pour une seule bouteille est actuellement de 3 030 £.

Les amoureux de la Bourgogne seront très probablement intéressés par le DRC Romanée Conti 1971, disponible au prix bien plus élevé de 174 000 £ les 12 bouteilles de 75 cL. Dans notre récent rapport, La Bourgogne sous le feu des projecteurs, nous avons analysé le développement de la région au cours de la dernière décennie et repéré les facteurs déterminants pour les prix. Une attention particulière a été portée à notre indice DRC qui a enregistré en 2018 de meilleures performances que les principaux groupes du secteur du luxe, alors que les prix des vins concernés continuent de se révéler excessifs ; les Premiers Crus bordelais étant effectivement moins coûteux.

1971 a également été une année qui a favorisé le Piémont italien. Ironiquement peut-être, étant donné que le recours aux cochons pour trouver les truffes (qui se marient magnifiquement avec les Barolos) remonte à l’époque de l’Empire romain, selon certaines sources documentées du nord de l’Italie datant du XVe siècle. Le Giacomo Conterno Barolo Riserva Monfortino 1971, par exemple, est un vin auquel il est « difficile de résister » (RP 98), en particulier parce qu’il « flirte avec la perfection ». Son prix de marché actuel est de 19 200 £ les 12 bouteilles de 75 cL.

Pour revenir à la région bordelaise, citons le Palmer 1983, « un des Châteaux Palmer les plus subtils qui soient », selon Robert Parker. Ce vin a également été couvert d’éloges par Neal Martin qui lui a attribué 98 points, en évoquant sa sensualité et sa « sensibilité presque bourguignonne ». Sur le marché, ce grand vin a vu son prix augmenté régulièrement pour se situer actuellement à 5 399 £ les 12 bouteilles de 75 cL.

Le château Margaux a également été un autre « triomphe de l’année 1983 qui est pourtant loin d’être un millésime exceptionnel ». Neal Martin a notamment attribué 98 points au Château Margaux 1983, alors que Robert Parker avec 96 points parle d’un vin « à couper le souffle ». Le prix de marché actuel pour ce vin est de 5 184 £ les 12 bouteilles de 75 cL.

1995, également placée sous le signe du cochon, avait été une bonne année pour les Champagnes. En fait, cette année-là avait apporté un soulagement bienvenu en constituant le premier millésime universellement déclaré après quatre années de récoltes difficiles dans la région.

En écrivant pour le compte de The Wine Advocate, Antonio Galloni notait que le Krug 1995 « resterait probablement un vin d’initié disponible à un prix plus avantageux » que d’autres millésimes ayant suscité plus d’attention. Force est de constater que les prix actuels sont effectivement en faveur du millésime 1995 qui se vend à 2 990 £ pour 12×75, contre 3 830 £ pour le millésime 1996.

Un autre vin de 1995, provenant de la région du Rhône cette fois, mérite également d’être mentionné ici : le Guigal, Côte-Rôtie la Turque. Après lui avoir attribué 100 points en le dégustant en 1999, Robert Parker déclarait à son sujet  : « il s’agit d’une légende » qui « peut vieillir pendant encore deux décennies au moins ». Ce vin rhodanien s’échange actuellement sur le marché au prix de 5 808 £ les 12 bouteilles de 75 cL.

Pour finir, parlons de 2007, l’année du Chateauneuf-du-Pape. « Vin en tout point parfait », selon R. Parker, le Beaucastel Hommage J Perrin 2007 s’était vu attribuer 100 points à la fois par Jeb Dunnuck et Robert Parker. Sur la plateforme Liv-ex, ce millésime s’est négocié pour la dernière fois au prix de 4 300 £ les 12 bouteilles de 75 cL, pour un cours actuel de 4 800 £.

Les années précédemment placées sous le signe du cochon ont apporté un certain nombre de vins prometteurs sur le marché. Le temps nous dira comment les millésimes 2019 s’inscriront dans cette image toute rose, à l’instar de la couleur du cochon.


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